Ecaflip est le Dieu du hasard, du jeu, de la chance et des paris. Divinité fantasque et imprévisible du Panthéon des Douze, il considère l’existence entière comme une immense partie où chaque décision repose sur le risque, l’audace et la fortune. Ses disciples, les Ecaflips, héritent naturellement de ce goût du hasard et vivent selon une philosophie où tout peut basculer en un instant.
Seuls les véritables joueurs trouvent grâce aux yeux du dieu. Les individus trop prudents, calculateurs ou dépourvus d’audace attirent rarement son intérêt. Ecaflip apprécie ceux capables de miser gros malgré le danger, même lorsqu’ils savent qu’ils peuvent tout perdre. Pourtant, fidèle à son caractère moqueur, il aime également tester les mortels jusqu’à leurs limites, n’hésitant pas à laisser une infime chance de survie à ceux qu’il condamne.
Avant de rejoindre officiellement le Panthéon, Ecaflip aurait accompli un exploit devenu légendaire dans tout le Krosmoz.
Aux premiers âges du monde, il affronta une gigantesque Hydre infernale possédant neuf têtes capables de repousser immédiatement lorsqu’on les tranchait. Pour vaincre ce monstre immortel, Ecaflip arracha un poil de chacune de ses neuf queues afin de forger une arme divine unique, l’épée des Neuf Queues.
Cette lame exceptionnelle pouvait résister aux flammes de l’Hydre et possédait la capacité de frapper toutes ses têtes simultanément. Grâce à elle, Ecaflip réussit à décapiter les neuf têtes d’un seul mouvement, remportant ainsi l’exploit qui lui permit d’accéder au rang de Dieu majeur du Panthéon.
Mais malgré son immense puissance, Ecaflip demeure avant tout une divinité profondément capricieuse et affective.
Parmi tous ses enfants, celui auquel il semble le plus attaché est sans conteste Kerubim Crépin. Bien qu’il ne lui ait jamais révélé être son père, Ecaflip recueille Kerubim au temple Ecaflip après l’avoir officiellement présenté comme un orphelin.
Lors du rite d’initiation du jeune Ecaflip, Kerubim reçoit pour mission de rapporter un œuf de Truche en seulement deux jours. Malgré sa réussite, il casse accidentellement l’œuf sur le chemin du retour et tente alors de tromper le dieu avec une copie grossière. Si Ecaflip découvre immédiatement la supercherie, il se montre surtout impressionné par l’audace du jeune garçon ayant osé bluffer une divinité.
À partir de cet instant, Kerubim devient son favori.
Ecaflip suit alors discrètement les aventures de Kerubim, lui accordant parfois une chance presque surnaturelle pour survivre aux situations les plus désespérées. Cependant, cette affection tourne rapidement à l’obsession possessive. Le dieu refuse longtemps de laisser Kerubim quitter le temple, allant jusqu’à saboter ses rêves d’aventure afin de le garder auprès de lui.
Comprenant qu’il ne pourra jamais partir honnêtement, Kerubim finit par se comporter volontairement de manière odieuse pour pousser Ecaflip à le chasser. Lorsque le dieu réalise qu’il s’est fait manipuler, il tente d’abord de retenir son protégé avant d’accepter finalement de le laisser vivre sa propre existence, tout en continuant de veiller sur lui à distance.
Ce favoritisme provoque néanmoins une profonde rivalité entre les fils d’Ecaflip.
Parmi eux figurent notamment Atcham, Ush Galesh ainsi que Kerubim lui-même. Jaloux de l’attention portée à son frère poilu, Atcham développe une obsession maladive envers Kerubim, tandis qu’Ush finit par détester son père pour son indifférence et refuse de considérer ses demi-frères comme sa véritable famille.
Le Dieu Ecaflip possède également sa propre dimension divine, Ecaflipus. Cette dimension est réservée à ses vingt-deux enfants, chacun possédant un temple construit sur une île flottante. Plus Ecaflip apprécie un enfant, plus son île flotte haut dans le ciel. Le temple de Kerubim étant le plus élevé de tous, cette organisation entretient naturellement jalousies et tensions au sein de la famille divine.
Dans une autre existence, Ecaflip intervient également pour empêcher l’âme de Kerubim d’être dévorée par Cire Momore. En échange de cette faveur, Kerubim est condamné à nettoyer Ecaflipus après chacune des fêtes organisées par le dieu.
Malgré son caractère joueur et parfois cruel, Ecaflip reste l’une des divinités les plus populaires du Monde des Douze. Son culte attire aussi bien les aventuriers que les parieurs, les escrocs, les chasseurs de trésors ou les simples rêveurs convaincus qu’un coup de chance peut changer une vie entière.
À travers les âges, Ecaflip demeure ainsi l’incarnation du hasard absolu, un dieu aussi généreux qu’imprévisible capable d’offrir la fortune… ou de tout reprendre sur un simple lancer de dés.