La Grande Déesse Éliatrope est l’une des entités fondatrices du Krosmoz, aux côtés du Grand Dragon. Incarnation pure du Wakfu, elle représente la vie, la création et le cycle éternel de renaissance.
C’est de leur première danse que naît le Krosmoz, et de leur seconde union que sont créés les Dofus Éliatropes, donnant naissance aux six premiers Éliatropes ainsi qu’à leurs jumeaux dragons. Ces êtres forment le Conseil des Six, cœur spirituel et dirigeant du peuple Éliatrope.
Contrairement aux autres divinités du Monde des Douze, la Déesse Éliatrope ne recherche ni pouvoir ni domination. Son unique désir a toujours été d’avoir des enfants et de leur offrir un monde où vivre en harmonie. C’est dans cette intention qu’elle transgresse les lois divines en créant une planète pour son peuple, refusant le modèle des autres dieux qui tirent leur puissance de la foi de leurs fidéles. Là où ces derniers restent distants, la Déesse Éliatrope se montre profondément proche de ses enfants, qu’elle considère réellement comme une famille.
Son amour maternel est au cœur de son identité. Elle veille sur chacun de ses enfants sans distinction, les protégeant, les guidant et cherchant à comprendre leurs émotions. Elle fait preuve d’une grande douceur, utilisant son propre corps de Wakfu pour les envelopper, les apaiser et même les abriter en elle lorsque le danger devient trop grand. Sa relation avec Yugo illustre particuliérement cette tendresse, marquée par des retrouvailles sincères et chargées d’émotion après des millénaires de séparation.
Cependant, malgré sa bienveillance, la Déesse Éliatrope n’est pas exempte de défauts. Son jugement peut être altéré par ses émotions, et certaines de ses décisions ont eu des conséquences dramatiques. Elle n’a notamment jamais anticipé l’impact du don de mémoire éternelle accordé à Qilby, une malédiction qui le conduira à la folie et à la destruction de son propre peuple. De même, elle peine parfois à comprendre les autres civilisations, notamment les dirigeants du Monde des Douze, dont elle sous-estime la méfiance face à la puissance des Eliaculus, son pouvoir de surveillance à l’échelle mondiale.
Dans les temps anciens, après la trahison de Qilby et la guerre contre les Méchasmes, le peuple Éliatrope est presque entièrement anéanti. Face à cette catastrophe, la Déesse intervient dans un ultime élan de désespoir, libérant une explosion de Wakfu qui anéantit à la fois les envahisseurs et les derniers survivants. Cet acte marque un tournant tragique dans son existence.
Pour avoir enfreint les lois divines, elle est ensuite bannie dans le Nécromonde. Durant des siècles, elle y subit les tortures infligées par les Nécromes et leur roi, Toross Mordal, qui se nourrissent de son Wakfu. Cette épreuve la brise profondément. Lorsqu’elle est finalement libérée grâce à Nora et au sacrifice d’Efrim, elle n’est plus la déesse sereine d’autrefois, mais une entité traumatisée, hantée par la peur de perdre à nouveau ses enfants.
Ce traumatisme se manifeste pleinement lors du retour des Nécromes dans le Monde des Douze. Là où elle incarnait autrefois l’espoir et la protection, elle cède à la panique et cherche à fuir avec son peuple, prête à abandonner le monde pour sauver ses enfants. Cette réaction la met en conflit direct avec Yugo, qui refuse de fuir et choisit de défendre son monde d’adoption.
Malgré ses failles, la Déesse Éliatrope reste une figure fondamentale du Krosmoz. Elle incarne à la fois la création et la fragilité, l’amour absolu et ses dérives, ainsi que le poids des choix divins. Son histoire est celle d’une mère prête à tout pour protéger ses enfants, même lorsque cela signifie perdre foi en le monde qu’elle a contribué à créer.
Ses pouvoirs sont à la hauteur de son statut. Elle possède une maîtrise absolue du Wakfu, pouvant créer la vie, manipuler l’énergie à une échelle planétaire et amplifier les capacités de ses enfants. Sa magie des portails dépasse celle de tous les Éliatropes, lui permettant d’observer et d’intervenir presque partout grâce aux Eliaculus. Son corps, entièrement composé de Wakfu, est extensible et malléable, lui permettant d’interagir à distance tout en abritant ses enfants en son sein.
Mais malgré cette puissance quasi infinie, la Déesse Éliatrope reste profondément marquée par ses expériences. Face aux Nécromes, même ses pouvoirs montrent leurs limites, révélant que même une déesse peut être dépassée par des forces qui échappent à son contrôle.
Ainsi, la Déesse Éliatrope n’est pas seulement une créatrice divine. Elle est une mère, une survivante, et une figure tragique dont les choix ont façonné le destin de tout le Krosmoz.