Perdues au milieu d’une forêt reculée du Monde des Douze, quatre mystérieuses princesses vivaient enfermées dans une immense tour maudite. Jadis admirées dans tout le royaume pour leur beauté incomparable, Eenka, Ertel, Ydalip et Lela finirent pourtant par devenir les célèbres « Miss Moches ». Tout commence lorsque la Confrérie du Tofu poursuit son voyage vers l’île d’Oma. Le trajet est compliqué a cause d’une carte magique particulièrement capricieuse lorsque soudain, un mouchoir tombe aux pieds de Tristepin de Percedal. Persuadé qu’il s’agit de l’odeur d’une princesse en détresse, le Iop entend ensuite une voix féminine appeler à l’aide depuis une tour digne des plus grands contes de fées.
Sans réfléchir, Tristepin fonce secourir la mystérieuse princesse. Les autres découvrent pourtant des inscriptions en langage Osamodas avertissant de ne surtout pas approcher des lieux. Mais comme souvent, Tristepin comprend tout de travers et pense qu’il s’agit d’encouragements héroïques. Arrivé au sommet de la tour après avoir grimpé à une longue chevelure suspendue par la fenêtre, il découvre avec horreur que la prétendue princesse possède une énorme barbe et ressemble davantage à une boule de poils qu’à une noble demoiselle. Le piège se referme aussitôt. Capturé puis jeté dans un cachot entouré de crapauds muffles, Tristepin apprend que ces étranges créatures étaient autrefois des princes charmants.
Les quatre princesses lui révèlent alors leur histoire. Autrefois, elles étaient réputées dans tout le royaume pour leur beauté exceptionnelle. Les prétendants affluaient par centaines afin d’obtenir leur main, mais les princesses se montraient cruelles et arrogantes. Elles humiliaient publiquement les princes rejetés, les tournant en ridicule avec une méchanceté sans limite. Tout bascula lorsque le Osamodas vint lui-même tenter sa chance. Les princesses éclatèrent de rire en le traitant de « Face de Bwork ». Furieux, le dieu les maudit aussitôt.
Eenka fut couverte de pustules répugnantes, Ertel prit l’apparence d’une momie enveloppée de bandelettes, Ydalip développa une pilosité monstrueuse et Lela devint massive comme un colosse. Le seul moyen de briser le sort était désormais simple… mais presque impossible, recevoir le baiser sincère d’un prince. Pendant ce temps, Yugo et ses compagnons arrivent devant la tour afin de secourir leur ami. Ils découvrent cependant que l’entrée est gardée par un gigantesque golem refusant l’accès à quiconque n’est pas une « princesse moche ». La solution trouvée par Yugo est aussi absurde qu’efficace, se déguiser eux-mêmes en princesses hideuses.
Ruel Stroud utilise une perruque et du maquillage grotesque, Yugo et Amalia Sheran Sharm se font passer pour des sœurs siamoises tandis qu’Evangelyne pense naïvement qu’une simple robe ridicule suffira à la rendre laide. Le stratagème fonctionne… sauf pour Evangelyne, beaucoup trop belle pour tromper le gardien. Heureusement, Ruel détourne l’attention du golem grâce à son apparence particulièrement disgracieuse, permettant finalement au groupe d’entrer. À l’intérieur, les princesses organisent un concours de beauté afin de déterminer laquelle pourra embrasser Tristepin.
Le problème, c’est que le Iop ne reconnaît absolument pas ses amis sous leurs déguisements et tombe immédiatement sous le charme d’Evangelyne, provoquant la jalousie des princesses. Mais derrière cette compétition ridicule se cache une terrible vérité. Si le baiser d’une princesse n’est pas sincère, le prince est transformé à son tour en crapaud muffle. Tous les batraciens enfermés dans le cachot étaient donc d’anciens prétendants victimes de leur désespoir. Finalement, Eenka, rongée par le remords, décide d’aider la Confrérie à s’enfuir. Une fois dehors, elle avoue qu’elle préfère rester monstrueuse plutôt que de continuer à faire souffrir les autres.
Touché par sa sincérité, Tristepin lui répond que la véritable beauté ne dépend pas de l’apparence mais de la bonté du cœur. Il lui adresse alors un simple baiser de la main, un geste honnête et dénué de moquerie. La malédiction se brise instantanément. Les quatre princesses retrouvent alors leur beauté d’autrefois. Fidèle à lui-même, Tristepin oublie immédiatement son grand discours et tente aussitôt de courir vers elles avant d’être retenu par ses amis. Quant à Evangelyne, cette aventure lui permet finalement de réaliser qu’elle n’a pas besoin de se rabaisser pour être appréciée. Mais malgré leur transformation, les anciennes Miss Moches ne semblent pas avoir réellement retenu la leçon… car une fois libres, elles reprennent immédiatement leurs auditions de princes exactement comme avant.